Les artistes sélectionnés - Prix de dessin 2023

Mehrdad Rashidi

Par des figures qui se multiplient inlassablement et des évocations paysagères ou maritimes, Mehrdad Rashidi convoque des réminiscences de son Iran natal, mâtiné de poèmes et de références musicales, oscillant entre espoir et nostalgie.

Au premier regard, on ne devine pas immédiatement les sujets traités, même si l’on retrouve beaucoup de visages, notamment de femmes voilées, mais aussi des créatures hybrides, des oiseaux, des perspectives ou des architectures. Mehrdad Rashidi construit ses univers par des petits cercles ininterrompus formant des lignes, travaillant tout autant les petits formats que des plages de papier pouvant s’étendre sur plusieurs mètres. Alors, comme dans un récit à tiroirs ou un cadavre exquis contemporain, cet homme au langage fleuri trace une narration, au fil d’une feuille qu’il déroule progressivement. Des pages de livres ou des cartes peuvent constituer d’autres supports, accueillant les thèmes qui donnent des clefs sur la biographie de l’artiste. L’Iran, ce pays qu’il a fui depuis bien longtemps, reste omniprésent dans ses pensées et il en suit tout autant l’actualité qu’il en écoute les musiques ou en ajoute des écrits à ses tracés déliés. Il peut s’agir de ses auteurs préférés, Forough Farrokhzad et Mehdi Akhavan-Sales, ou encore de poèmes qu’il compose lui-même depuis l’âge de 8 ans.

À cet état de conscience et de faits, qui l’entraîne parfois vers des réflexions sur la solitude et la désillusion, Mehrdad

Rashidi ajoute la poésie du végétal et de l’animal. Quand ses premières feuilles tançaient un régime iranien propulsé au fin fond de la mer Caspienne ou glorifiaient une femme prête à accoucher d’une nouvelle génération clamant sa liberté, aujourd’hui, il se consacre davantage à la recherche d’une unité avec la nature. L’important est que la lumière surgisse des ténèbres, ce que l’artiste symbolise bien par la concentration d’encre noire, contrastant avec le blanc de la feuille.

Mehrdad Rashidi aime que son travail parle de lui-même, telle une symphonie musicale agissant sur nos sentiments sans explication nécessaire. Adoptant les préceptes du prophète Zarathoustra, fondateur du zoroastrisme vers 1000 avant Jésus-Christ, il s’inscrit dans cette célébration de toute créature vivante et place les animaux au même rang que les hommes. Alors, quand le bruit de la ville lui semble assourdissant, il part en forêt, non loin de chez lui, et se réfugie au milieu des arbres, dont l’écorce lui sert parfois de support pour ses dessins… …(texte de Marie Maertens).


Techniques mixtes sur papier de récupération
Courtesy Henry Boxer Gallery, Richmond
Dimensions  11.6 x 17.7 cm
collection Florence et Daniel Guerlain
crédit photo André Morin 

Techniques mixtes sur papier de récupération
Courtesy Henry Boxer Gallery, Richmond
Dimensions  17.8 x 11.4 cm
collection Florence et Daniel Guerlain
crédit photo André Morin 

Techniques mixtes sur papier de récupération
Courtesy Henry Boxer Gallery, Richmond
Dimensions 23.7 x 15 cm
collection Florence et Daniel Guerlain
crédit photo André Morin

Techniques mixtes sur papier de récupération
Courtesy Henry Boxer Gallery, Richmond
Dimensions 17.8 x 12.3 cm
collection Florence et Daniel Guerlain
crédit photo André Morin 

Techniques mixtes sur papier de récupération
Courtesy Henry Boxer Gallery, Richmond
Dimensions 11.8 x 7.8.cm
collection Florence et Daniel Guerlain
crédit photo André Morin