Les artistes sélectionnés - Prix de dessin 2023

Pascal Leyder

Il arrive à La “ S ” Grand Atelier, à Vielsalm en Belgique, en 2008, à la suite d’un stage scolaire et fréquente désormais régulièrement son atelier d’art plastique. Il participe aussi au projet « Choolers Noise Project », au sein duquel il dessine en live, accompagné d’une musique bruitiste.

Ses oeuvres sont dans les collections du Lam (Lille), du musée du Docteur Ghuislain (Gand), du Museum of Everything (Londres), du musée des Arts modestes (Sète), de la Collection abc (Montreuil).

Ses dessins sont régulièrement publiés dans des ouvrages collectifs d’illustration et de graphisme, notamment par les éditions Le Dernier Cri et Frémok.

Admirant l’univers de la cartographie ou d’autres formes d’illustrations pop, Pascal Leyder en donne une interprétation toute personnelle, qui peut mêler des moments de son intimité à une vision du monde se situant hors du temps. Dire qu’un artiste dessine comme il respire est peut-être un poncif, mais c’est bien le cas de Pascal Leyder. Quotidiennement, inlassablement, chez lui ou à La “ S ” Grand Atelier, dont il est résident, il se saisit de grandes feuilles qu’il recouvre de feutre, à un rythme rapide et insatiable. S’inspirant de multiples ouvrages, cartographies ou plans détenus par la bibliothèque du Centre d’art brut et contemporain, il s’en sert comme source ou matrice, pour des invitations au voyage. Il peut y ajouter des éléments de son quotidien et des émotions qui le nourrissent, incluant le domaine amical ou amoureux. Tout est réalisé du premier jet et l’artiste ne retravaille ni ne corrige jamais ses traits. Il emploie, avec abondance, la totalité de son support, multipliant les lignes ou glorifiant sa propre signature, par laquelle il peut parfois débuter son oeuvre.

Les goûts de Pascal Leyder sont éclectiques et ne boudent pas – bien au contraire – la culture populaire des comics ou des BD et il entretient même depuis plusieurs années un protocole d’échanges de dessins avec le plasticien Pakito Bonilo. Il adore aussi les films de la série des Harry Potter, qu’il dévore en allant au cinéma avec sa famille. Enfant des écrans, habitué aux images mouvantes des télévisions ou des tablettes, il a appris à en observer les différents modes de représentation. Il les scrute ou en extrait certains détails, même si son trait vif et vigoureux, voire brut, ne les reproduit pas toujours frontalement dans son propre travail. Pascal Leyder croque des personnages et des foules dont les visages sont griffonnés, mais aussi des caractères francs, affirmés, presque robotisés. Il imagine également des animaux ou créatures hybrides, en y ajoutant des phrases aux significations mystérieuses… Quand il s’inspire plus directement de cartographies, il glorifie des îles et des monts, s’oublie dans les vastes espaces marins afin d’en recréer, dans son esprit, les légendes les plus profondes. Les plans lui inspirent des bâtiments multiples au sein desquels s’invite la couleur du feutre ou de l’encre. Alors les volutes et les lignes se multiplient dans ce geste fluide qui semble accompagner un déroulé de pensées ininterrompues. Mais il s’agit bien ici d’interprétations faites par le spectateur, sachant que Pascal Leyder communique très peu par la parole et s’exprime principalement par le médium du dessin.


(texte de Marie Maertens).

Sans titre
Techniques mixtes sur papier
50 x 130 cm
Courtesy Escale Nomade, Paris
collection Florence et Daniel Guerlain
crédit photo André Morin

Sans titre
Techniques mixtes sur papier
50 x 70 cm
Courtesy Escale Nomade, Paris
collection Florence et Daniel Guerlain
crédit photo André Morin 

Sans titre
Techniques mixtes sur papier
40 x 53 cm
Courtesy Escale Nomade, Paris
collection Florence et Daniel Guerlain
crédit photo André Morin

Sans titre
Techniques mixtes sur papier
100 x 140 cm
Courtesy Escale Nomade, Paris
collection Florence et Daniel Guerlain
crédit photo André Morin