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Les artistes selectionnés - Prix de dessin 2018

Daniel et Florence Guerlain

Mamma Andersson

Mamma Andersson est née en 1962 à Luleå, en Suède.
Elle a étudié au Royal Institute of Art de Stockholm, où elle vit.
Sa première exposition a eu lieu en 1985 au Norrbottens Museum de Luleå, tandis qu’elle a exposé en 2017 dans quelques-unes de ses galeries – Magnus Karlsson (Stockholm), Victoria Miro (Londres) ou Stephen Friedman (Londres).
Elle est également représentée par David Zwirner (New York) et fait partie de nombreuses collections institutionnelles : le Centre Pompidou (Paris), la Fondation Broad (Santa Monica), le Dallas Museum of Art (Dallas), The Museum of Modern Art (Stockholm), The Museum of Contemporary Art et l’Ucla Hammer Museum (Los Angeles) ou le MoMA (New York).
Photo :  ©PATRICK MILLER.


Mamma Andersson se joue d’un univers cinématographique ou théâtral, qu’elle déconstruit et recompose à l’envi, inspiré d’une multitude d’images de l’histoire de l’art ou de la presse retravaillées à la manière de storyboards.

Au départ de son travail se trouve sa bibliothèque, siégeant au cœur même de son atelier et où elle puise ses matières premières. Elle dit avoir besoin d’être « entourée » par l’histoire de l’art, mais collectionne également depuis toujours des photographies issues de magazines. Elle choisit nombre de paysages ou de scènes d’intérieur, souvent mystérieuses et qui renvoient, même inconsciemment, à l’histoire de la peinture nordique. Elle peut aussi privilégier des silhouettes, qui lui font penser à celles de l’artiste Kara Walker, ou des représentations de personnages dissimulés par des masques.


Mamma Andersson travaille souvent par séries, s’immergeant dans un univers avant de s’en extraire, parfois avec douleur, pour intégrer un nouveau récit. Ses images posent des questions, auxquelles elle ne répond pas, auréolées d’une poésie de tons passés et qui ne se veulent pas séduisants. Son monde n’est pas celui des expressions évidentes.

L’ambiance se diffuse… tandis que l’artiste trouve de la beauté dans ce qui peut être considéré comme sombre ou profondément intense. L’image a toujours été pour Mamma Andersson un moyen de communication privilégié, voire son premier langage durant de très nombreuses années, même si, aujourd’hui, elle cite avec plaisir les auteurs Hans Christian Andersen, Thomas Bernhard, Marguerite Duras ou John Maxwell Coetzee.

L’une de ses autres passions est celle du cinéma dont, très jeune, elle s’est nourrie en quantité. Elle a d’ailleurs le sentiment de travailler à la façon d’un réalisateur, avec ses centaines de clichés dont elle recompose les différentes combinaisons. Elle en change la chorégraphie, en annihile des éléments ou personnages. Elle en ôte la linéarité trop évidente tout en se laissant inspirer par d’autres types de résurgences, une installation d’Eva Hesse ou une sculpture de Louise Bourgeois.

Sa réflexion ne se développe pas dans un processus linéaire de narration, car pour être artiste, il est nécessaire selon elle de demeurer ouvert à toutes les interprétations. En recherchant toujours, pour sa part, une forme perdue d’utopie, voire en révélant une dystopie.

Ses points de vue énigmatiques, qui semblent comme des temps d’arrêt, sont les espaces scéniques idéaux pour que chacun puisse y apposer sa propre psyché.