14° Prix de dessin
de la Fondation d’art contemporain 
Daniel & Florence Guerlain



Nous avions programmé l’annonce du 14ème prix de dessin de notre Fondation le 10 décembre à la Chapelle des Beaux-Arts comme tous les ans depuis de nombreuses années. Nous avions rêvé de montrer des œuvres des artistes du 13e prix : Callum Innes, Florian Pumhösl, et Juan Uslé, dans un autre lieu puisque Le Salon du dessin n’a pas pu se tenir en 2020.
Tout ceci est devenu impossible à organiser compte tenu des nouvelles conditions de restrictions sanitaires entrainées par la Covid 19.
Nous avons soumis, aux membres du conseil d’administration, l’idée d’organiser l’annonce par voie digitale sous une forme la plus lisible possible.
Si nous avons gardé la date du 10 décembre 2020, c’est pour garder le rythme de nos annonces du prix de dessin chaque année. D’abord les 3 artistes en décembre, le lauréat en mars au salon de dessin qui cette année va cependant changer de date. Nous ajusterons les choses en son temps ! Vous constatez que nous sommes devenus très larges d’esprit dans nos décisions !!!!!

Pour l’heure nous vous laissons découvrir le film d’annonce des 3 artistes sélectionnés pour le prix de dessin 2021 et un rappel de l’édition 2020.

Nous vous souhaitons bon courage pour supporter cette interminable période et serons très heureux de vous retrouver quand ces longs mauvais moments seront loin de nous.


Florence et Daniel Guerlain (©Marie Ethel Pimpaneau).

Carnet de recettes

Tome III disponible - Novembre 2020

PRESSE :  Mars 2020   

LE FIGARO

PRESSE :  Janvier 2020   

POINT DE VUE

PRESSE :  Decembre 2019   

THE ART NEWSPAPER DAILY

Table ronde : Mai 2019

CONSERVATEUR, COMMISSAIRE D’EXPO, CURATEUR OU ARTISTE?

PRESSE :  Avril 2019

LE FIGARO

Comment s’est déroulée l’organisation du Prix de dessin, durant cette année impactée par la crise sanitaire ? 

Comment s’est déroulée l’organisation du Prix de dessin, durant cette année impactée par la crise sanitaire ?

En premier lieu, nous voulons apprécier à sa juste valeur le fait que l’annonce du 13e Prix de la Fondation ait pu se dérouler en décembre 2019, à la chapelle des Beaux-Arts de Paris, en présence de son directeur Jean de Loisy et des nombreux amis de la Fondation. Nous y avions dévoilé les noms des trois artistes Callum Innes, Florian Pumhösl et Juan Uslé. En revanche, en mars 2020, le Salon du dessin ayant été annulé à cause du confinement, l’annonce du lauréat n’a pu avoir lieu en présentiel et le public n’a pas pu admirer leurs oeuvres dans le lieu qui nous est habituellement dédié au palais

Brongniart. C’est par voie électronique que nous avons félicité le lauréat, Juan Uslé.

Cette année 2020 est très triste, puisque nous sommes à nouveau en confinement et fort malmenés par ce virus qui n’en finit pas de nous empêcher de vivre normalement. C’est ainsi que nous avons dû apporter une modification majeure pour le prix 2021 et avons pris la décision d’annoncer, le 10 décembre 2020, les nommés sur notre site Internet : www.fondationdfguerlain.com . Un film permet d’y revoir les œuvres du 13e Prix et de découvrir celles des plasticiens sélectionnés pour cette nouvelle année : Martin Dammann, Erik van Lieshout et Françoise Pétrovitch.


Comment ces artistes ont-ils été choisis ?

Après un 13ème prix ayant valorisé l’abstraction, nous avions envie de revenir à la figuration. Chacun de ces trois artistes témoigne d’un trait affirmé, parfois même sculptural, et relit le passé, tout en s’inscrivant fortement dans le monde actuel. Ils travaillent beaucoup les mises en scène et la présence de l’humain, d’une vision romantique à une conception plus acide, représentative de notre époque…



Ces dernières années, les artistes du Prix de dessin et de la donation au Centre Pompidou ont été régulièrement montrés à l’étranger. De nouveaux voyages sont-ils prévus dans les mois à venir ? 

Comme tout ne peut être noir, voici enfin une bonne nouvelle qui nous comble de joie ! La donation de 1200 dessins, que nous avons faite au Musée National d’art moderne, entraîne notre prix vers des expositions très intéressantes, à l’exemple de celles prévues en Russie pour l’automne 2020 et qui viennent d’être reprogrammées pour octobre 2021. A partir du 25 octobre, le Musée Pouchkine, de Moscou, mettra en lumière les œuvres de la donation, tandis que le Prix de dessin dans son intégralité, soit avec l’ensemble des artistes nommés de 2007 à 2021, sera présenté à partir du 27 octobre au NCCA (National Centre for Contemporary Arts) de Nijni Novgorod. Nous sommes très heureux de cette annonce qui vient donner une grande clarté dans la sombre période que nous traversons et sommes impatients de reprendre ce dialogue avec la Russie.



















Textes Marie Maertens

Artistes sélectionnés

14° Prix de dessin de la Fondation d’art contemporain Daniel & Florence Guerlain.
 Juan Uslé

 Martin Dammann

Par ses dessins et aquarelles, Martin Dammann revisite l’histoire et ses propres souvenirs. Il se laisse pénétrer par des moments ayant fomenté le destin des hommes, avant que la virtuosité de son geste dépasse ce que l’image tient à nous dire.
Martin Dammann travaille, la plupart du temps, d’après des sources photographiques. Les deux grandes guerres furent un sujet clé pour sonder la question de la culpabilité allemande ou celle des genres, aux côtés de clichés de parfaites familles américaines des sixties, de trouvailles de la période coloniale ou de réminiscences issues de ses archives personnelles. Le sens des images n’est pas si important, car l’artiste cherche à comprendre la réalité cachée au moment où le déclencheur s’active. « Je souhaite découvrir ce qu’il y a au-delà de ce que l’on voit », précise-t-il.
En préambule, une longue période est donc consacrée à sélectionner, parmi des milliers de reproductions, le moment qui le touche, de le scanner, puis de l’agrandir. Il l’ausculte, valorisant même les flous ou certaines faiblesses de mise au point, dont il fait une force pour jouer du pinceau avec l’aquarelle. À partir de ces mémoires oubliées d’amateurs, Martin Dammann interroge la condition humaine, dans ses incidences les plus exacerbées ou les plus futiles, puis la finalité du dessin et de l’aquarelle. « L’idée de mes dessins est de reconstruire ce qui était derrière l’image, quand elle a été prise », insiste-t-il.
On serait tenté d’ajouter qu’il s’agit tout autant de déconstruire, et ce notamment grâce aux dégradés de sa palette.
Il peut dialoguer, même dans des formats de plus de deux mètres de large, avec le noir et blanc du fusain, mais il ne boude pas son plaisir à manipuler les notes subtiles des pourpres, roses passés, ocres, bleus ou verts. Sans se préoccuper des rapports académiques de couleurs, il cherche à en amplifier la force visuelle. Martin Dammann lie ses propres sentiments à ceux qu’il projette sur l’image, la sortant de sa fonction documentaire et informative. Il rend ses sujets secondaires, pour happer son spectateur dans la dynamique de ses traits ou les fondus de ses lavis. L’artiste veut parler du monde tangible, mais ne peut s’empêcher de glisser vers l’émotion et la projection, imposant un espace entre réel et imaginaire. Ce qui était dissimulé devient-il alors visible ? « J’interroge la temporalité au sein de l’humanité, quelles traces nous laissons de nos vies, notamment à travers la photographie, et comment nous y répondons », conclut-il.

Martin Dammann est né en 1965 à Friedrichshafen am Bodensee, en Allemagne. Il est diplômé de l’Université des arts de Berlin, où il vit toujours. Il a participé à la Documenta X de Cassel, en 1997, et à la 53ème Biennale de Venise, en 2009. Il a exposé dans de nombreuses institutions, dont l’Espace des Arts, de Chalon-sur-Saône, la Kunsthalle de Nürnberg, le KW Institute for Contemporary Art, de Berlin, le Museum der Moderne, de Salzburg, le Centre de la Photographie, de Genève, le Petach Tikva Museum of Art, en Israël, la Capella - Institut de Cultura de Barcelona, de Barcelone, le PS1, de New York…
Il est dans les collections et la donation de Florence et Daniel Guerlain au Musée national d’art moderne du Centre Pompidou, du musée des Beaux-Arts de Dole et du Märkisches Museum de Witten.
Il est représenté par les galeries In Situ-Fabienne Leclerc (Romainville) et Barbara Thumm (Berlin).

Callum Innes

Erik van Lieshout

Par ses dessins et collages, volontairement acerbes et engagés, Erik van Lieshout questionne la finalité de l’art et la fonction-même du créateur, affirmant qu’il a bien un rôle à jouer dans notre société.
Certains dessins d’Erik van Lieshout flirtent parfois avec l’art de la caricature. En effet, le quotidien l’a toujours inspiré et il ne se lasse pas de croquer le monde politique, par exemple Angela Merkel, Boris Johnson, Donald Trump ou Nicolas Sarkozy. Mais il le mêle à des interrogations existentielles, sur l’amour par exemple, et peut se demander qui prend le pas, du stratège ou de l’homme… Les découpages d’images de journaux seront une première source, avant qu’il n’empoigne à l’atelier de multiples feuilles pour y apposer son trait parfois rageur. Il produit et détruit beaucoup. Mais un bon observateur ne doit pas être trop en colère et Erik van Lieshout le sait. Il tempère alors ses propos d’un humour et un second degré pouvant laisser son spectateur circonspect, tant il le bouscule. Lui, voit son oeuvre comme une mission et l’on ne sera pas étonné d’apprendre que ses modèles, lorsqu’il était étudiant, se nommaient Paul McCarthy, Mike Kelley ou Martin Kippenberger. Aujourd’hui, il se sent encore proche de l’esprit Fluxus ou de Joseph Beuys.
D’ailleurs, Erik van Lieshout valorise l’inspiration collective. Il aime aller dans la rue, pour récolter les avis ou ressentir les énergies, et répond positivement aux invitations des biennales ou musées pour s’immerger dans de nouvelles cultures ou thématiques circonstancielles. « Il me semble important, précise-t-il, de comprendre les besoins des gens. Car pour moi, l’art doit changer la vie et, même à petite échelle, rendre le monde meilleur. Je l’ai toujours pensé et, en avançant dans ma carrière, j’ai pu approfondir les relations avec mes interlocuteurs. » Dernièrement, il aura traité des élections, de l’immigration, de la montée des populismes, et aussi, de manière sous-jacente, des effets de la Covid-19. Il évoque notamment les paquebots rendus fantômes, mais se gargarise que les marques de luxe subsistent. Les populations sont donc sauvées… Il mixe ses multiples sources d’information et titille l’intelligence de chacun. Pour autant, tout se transforme et son regard d’artiste voyageant régulièrement à l’étranger a dû évoluer. « On ne peut plus aller à l’autre bout du globe et y donner un avis partial. L’interaction avec les populations est différente et cela m’a fait réfléchir à ma position, qui pouvait sembler un peu conquérante… », conclut-il. Une nouvelle ère est en train d’éclore, dans laquelle Erik van Lieshout a déjà trouvé sa place.

Erik van Lieshout est né en 1968 à Deurne, aux Pays-Bas. Il est diplômé de l’Academy of Art and Design St. Joost et de De Ateliers. Il vit et travaille à Rotterdam.
En 2013, il participa à la Biennale de Moscou et à la Biennale de Venise.
Il a exposé au Wiels de Bruxelles, au Ludwig Museum de Cologne ,à la Kunsthaus de Zurich, au Hammer Museum-UCLA de Los Angeles, au Rijksmuseum d’Amsterdam, à la Tate Modern de Londres, à l’Albertina de Vienne, au Frac de Dunkerque…
Il fait partie des collections et de la donation de Florence et Daniel Guerlain au Musée national d’art moderne du Centre Pompidou, du Boijmans van Beuningen Museum (Rotterdam), du Stedelijk Museum (Amsterdam), du MoMA (New York)…
Il est représenté par les galeries Guido W. Baudach (Berlin), Annet Gelink (Amsterdam),
Krinzinger (Vienne) et Anton Kern (New York).

Florian Pumhösl

Françoise Pétrovitch

Revisitant les classiques de l’histoire de l’art, les sujets de Françoise Pétrovitch se développent dans un balancement entre passé et présent, signifiés ou sous-entendus, qui valorise la spontanéité de son geste et le délié de ses lavis.
Françoise Pétrovitch travaille beaucoup par séries. Dernièrement, une île de sa Série Noire rendait hommage à L’Île des Morts, illustre tableau d’Arnold Böcklin, et à un parc qu’elle avait visité, côtoyant les grands portraits de jeunes fumeurs, les fleurs ou les animaux quelque peu fantastiques de son corpus. Les thématiques répétées permettent de « laisser éclore un plaisir de la réalisation et du faire ». L’artiste conçoit des petits formats au crayon, tandis que les encres et lavis sont déployés sur de grandes feuilles de papier posées au sol. En effet, la matière de Françoise Pétrovitch est très liquide, au sens physique et métaphorique. Passant d’un médium à un autre, elle aime que ses modèles s’élaborent dans la fluidité. Même quand ils évoquent la disparition, l’absence ou l’intériorité de l’être, récurrentes interrogations, comme le montrent de manière plus prononcée les Saint Sébastien, les corps flottants ou les multiples bistre et noir.
Pour amenuiser une éventuelle nostalgie, Françoise Pétrovitch va alors s’emparer d’instantanés se référant à la vie quotidienne. Elle ose la coupe franche des cadrages ou les pointes de tonalités vives, notamment de rouge. L’important demeure de creuser, encore et toujours, les questions picturales. L’artiste affirme qu’elle ne verse pas dans des interprétations trop psychanalytiques ou symboliques. « Je préfère que mon univers soit global et parle à chacun d’entre nous », précise-t-elle. Pour cela, elle laisse le moment de l’oeuvre « surgir et accepte le dessin en train de s’ébaucher », tout en octroyant à ses scènes une vision cinématographique. Elle déploie ses formats et resserre ses mises au point, car «être au plus près est finalement mon sujet ». Être au plus près permet aussi de faire abstraction de ce qui entoure… attestant bien que dichotomie et ambiguïté construisent son travail. « J’aime les basculements et les moments où l’on vacille, admet-elle. Dans toutes mes images se retrouve le présent ou l’absent, la figure ou son ombre, la volonté de signifier ou non… Mais je ne conceptualise jamais mes idées avant de les exécuter. Je laisse une gestualité se mettre en action, jusqu’à me perturber. » Ainsi, un rythme implicite s’instaure
aux yeux du spectateur et l’entraîne, à chaque fois, vers de nouvelles séquences.

Françoise Pétrovitch est née en 1964 à Paris. Autodidacte, elle vit et travaille à Cachan.
Depuis la fin des années 1990, elle a été exposée au musée d’Art moderne de Saint Étienne,
à La Louvière en Belgique, au Museu de arte contemporânea de São Paulo, au Mac/Val de Vitry-sur-Seine, aux musées des Beaux-Arts de Nancy et de Calais, au Laac de Dunkerque, au Carré d'art de Nîmes, au musée d’Art moderne et contemporain de Strasbourg, au musée de la Chasse et de la Nature de Paris…
Son oeuvre fait partie des collections et de la donation de Florence et Daniel Guerlain au Musée national d’art moderne du Centre Pompidou, du National Museum of Women in the Arts de Washington, du musée Jenisch de Vevey, des musées des Beaux-Arts de Rennes, de Chambéry…
Elle est représentée par la galerie Semiose (Paris).